à moi la Zone !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi, 14 août 2013

Poème de marche vers la mer

en écho

Portillon passé
Et soudain nos bouches closes
S’éloigner des chiens

Les hommes que j’aime
Sont parfois de belles filles
Toutes vêtues d’or

Cette grille verte
Autrefois m’avait troublée
Je n’ai nulle crainte

Le long du chemin
Toutes herbes poussent libres
En fleurs de silence

La senteur du sel
Reste intacte à mes papilles
Souvenir suave

Le soleil s’élève
Ses rayons frôlent l’instant
Un peu d’air – matin

Quand la chaleur monte
A peine éclot un désir
De coquelicot

Se faire légère
Chatouillis de papillon
L’aile d’une brise

Les nuages de Pirou

sur le modèle de La traversée de Paris de François Caradec

Un, deux, trois Pirou différents
Le vrai Pirou est-il au centre du triangle ?
C’est exprès pour tromper les gens.

Faire le pont à Pirou-Bourg
Ou s’ensabler à Pirou-Pont
Je n’sais plus où
A force de tourner en rond
A Pirou-Plage où est l’amour !

C’est ça Pirou ?

lundi, 12 août 2013

Traduction imaginaire du slovène

Demain

Quelle teinte a le temps aujourd’hui ?
Gris partout
Qui teint les morts vivants ailleurs ?
Le-soleil-d’or-dont-les-rayons-ordonnent-le-monde-et-son-écho[1]
Demain, y aura-t-il des nuages ?
Les nuages, ça se froisse
Demain, y aura-t-il des étoiles filantes ?
Les étoiles filantes, ça se froisse
Là où le croissant s’envoyage
Qui a peint ici les chemins ?
La-lune-d’argent-dont-la-pâleur-étreint-et-borde-le-moindre-nid[2]
Quelle teinte, là-bas, l’horizon des tendresses ?
Mauve partout
Demain, y aura-t-il des rubans ?
Les rubans, ça se froisse
Demain, y aura-t-il des dentelles de souvenir ?
Les dentelles de souvenir, ça se froisse
Pour broder une nuance amie

Demain ailleurs peut-être un inconnu discernera le tremblement d’une lueur
Demain ailleurs peut-être l’épaisse couleur de la vase se dissipera
Demain, ici, là où j’hésite
L’aurore teindra-t-elle ce qui se frôle ?
Qui teindra ailleurs les rosées ?
Toi-toi-qui-es-mon-ombre-et-qui-n’a-pas-de-nom[3] ?

Notes

[1] Formule rituelle hypersynthétique utilisée par les adeptes du culte primitif slovène de Mère Nature

[2] Cf. note 1

[3] Cf. note 2

dimanche, 11 août 2013

Morale élémentaire de balade écourtée

matin pirouète / promenade projetée / guide préféré
surprise promise…

pluie hésitante / défection possible / décision défaillante
partie remise ?

chaussures étanches / capes idoines / cœurs vaillants
kiki parti !

A la recherche
D’un ensemble stable
Mort à l’élément
Terre
Ou mer
Vannes mouillées
Stop ! Au logis !

pluie incessante / plumes trempées / retraite prompte
plume essorée !

mercredi, 7 août 2013

La houle

Flux
Reflux
Éternel
Sempiternel
Pulsation paisible
D’un cœur inaccessible

Moi
Émoi
Éprouvante
Sombre épouvante
Cauchemar amer
Un monstre sous la mer

Paix
Happée
Par l’esprit
Ce malappris
Écoute, ça roule
Au rythme de la houle

dimanche, 4 août 2013

Mais qui fait le ménage ?

Ici, je suis seule responsable. Un coup de vent, de vent mauvais parfois, pas sûr, un coup de vent fait le ménage et la page redevient blanche ! Pfuit…

Là-bas, qui fait le ménage ?

Drôle de ménage où les hommes font le ménage, concoctent salades variées pour pique-nique au jardin, mettent la table du ptidéj, assurent vaisselle et approvisionnement en brioche matinale - pardon, dans ce coin-là on dit gâââche.

Drôle de ménage où elle se prélasse entre lit et fauteuil, un cahier ou un livre à la main, du thé en perfusion ou presque, la mer derrière la vitre ou carrément devant le banc - public - devenu annexe du studio où ma foi avec ces deux-là, ça déménage, parfois.

vendredi, 30 juillet 2010

Poème de marche vers la mer

Vendredi, vingt-trois juillet, sur un joli chemin qui va du bourg à la mer. La balade, silencieuse, est féérique. Instant de grâce légère.
(moyennant une toute petite retouche sur une strophe qui m’avait échappé)

J’ai voulu te donner
Un grand drapé de rose
Mais la rose était grise
Et le ciel un peu vieux

L’écorce de tes yeux
C’est la proue d’un navire
Où jamais ne chavire
Le secret merveilleux

L’ombelle de ta voix
Parsème les chemins
D’un clair rayon de miel
Brise du frais matin

La grille de ton cœur
J’en entrevois le pré
Que jamais le bonheur
N’oublie de s’y poser

De longues herbes vertes
Tressent haute la haie
Mais s’y aventurer
Je sais que c’est se perdre

Les senteurs, les saveurs
Fleurissent dans tes mains
Et le sel sur ta nuque
Un suave festin

Le plaisir du présent
Trace une frêle empreinte
Le soleil la veloute
Autour de ta silhouette

La mer soudain la mer
D’un instant délivrée
D’un horizon sans voix
Vibre d’un bleu rêvé